VERSION FRANÇAISE
Entre deux souffles
Je marche parmi les autres, sans les chercher, sans les fuir.
Il y a dans les rues des visages qui passent, des gestes suspendus, des regards qui ne se posent jamais.
Je photographie ces instants qui glissent entre deux souffles — ces fragments d’humanité que le hasard me confie.
Ce ne sont pas des portraits, mais des présences.
Des gens que l’on croise sans connaître, et qui pourtant laissent une empreinte, une vibration, un écho.
Leur solitude, leur douceur, leur fatigue ou leur lumière se déposent dans l’image, comme un secret partagé en silence.
Je tente de capter ce lien invisible qui relie les êtres :
un reflet sur une vitre, une ombre qui frôle une autre, une main qui cherche sa place.
La lumière, alors, devient passage — elle glisse d’un corps à l’autre, d’un instant à l’autre.
Photographier, pour moi, c’est saluer sans parler, reconnaître sans nommer.
C’est dire la beauté des anonymes
C’est croire qu’en regardant les autres, on apprend un peu à se voir soi-même.
Denis Mroz
English Version
Between Two Breaths
I walk among others, neither seeking them out nor fleeing from them. In the streets, there are faces that pass by, gestures suspended, gazes that never settle. I photograph these fleeting moments that slip between two breaths—these fragments of humanity that chance entrusts to me.
These are not portraits, but presences. People we pass without knowing, and yet who leave an imprint, a vibration, an echo.Their solitude, their gentleness, their weariness, or their light settle in the image, like a secret shared in silence.
I try to capture this invisible link that connects beings: a reflection on a windowpane, a shadow that brushes against another, a hand searching for its place. The light, then, becomes a passage—it glides from one body to another, from one moment to the next.
For me, to photograph is to greet without speaking, to recognize without naming. This speaks to the beauty of the anonymous.
It’s believing that by looking at others, we learn a little about ourselves.
Denis Mroz
Page chargée.
